Alliance Française de Montréal

Christophe Brayet, directeur général de l’Alliance Française de Montréal, fait le point sur la présence de l’une des références mondiales et incontournables de l’apprentissage du français au Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec, où l’organisme animera un Espace tests de français.

En quelques mots, pouvez-vous nous présenter l’Alliance Française de Montréal et son rôle auprès des nouveaux arrivants ?

Christophe Brayet : L’Alliance Française de Montréal est un organisme à but non lucratif (OBNL) qui a été rouvert il y a deux ans après 20 ans de fermeture. Les 829 Alliances Françaises représentent le plus grand réseau culturel francophone du monde, avec plus d’une centaine aux États-Unis et dix au Canada. Toutes suivent la même charte pédagogique et culturelle, basée sur le référentiel européen de langue française (le CECRL). Tous nos enseignants possèdent un Master Français langue étrangère (FLE), et enseignent selon les mêmes méthodes partout dans le monde. Concrètement, cela veut dire qu’une personne ayant commencé un niveau A2.1 en Bolivie peut continuer son A2.2 à Montréal, sans rupture dans l’apprentissage.

Beaucoup de nouveaux arrivants connaissent déjà l’Alliance Française, car ils y ont appris le français dans leur pays ou celui dans lequel ils se sont établis. L’image de marque est forte et rassurante. À Montréal, nous proposons des cours collectifs en présentiel ou en ligne, des cours individuels, ainsi que des ateliers de pratique et de perfectionnement. Nos classes sont limitées à huit élèves pour favoriser l’interaction et l’intensité pédagogique.

L’Alliance Française se distingue en étant plus qu’une école : c’est un lieu de vie. Grâce à notre mission culturelle et pédagogique, nous créons un pont entre l’apprentissage du français et la découverte des cultures francophones. Nous avons développé des ateliers de pratique du français, comme les cafés littéraires, les ateliers de théâtre ou d’écriture créative, pour des apprenants qui souhaitent pratiquer leur français à l’intérieur d’une activité culturelle.

À l’occasion de l’édition Printemps 2026 du Salon de l’immigration, vous proposez à nouveau un espace dédié aux tests oraux de français. En quoi consiste cette initiative et quel est son objectif pour les participants ?

Christophe Brayet : Lors de la dernière édition du Salon de l’immigration, nous avions proposé des tests oraux express avec des examinateurs accrédités TCF-TEF. En cinq minutes, les participants pouvaient évaluer leur niveau oral, poser leurs questions et vivre une expérience proche d’un examen officiel.

Nous renouvelons cette initative afin de répondre à un besoin réel : beaucoup de nouveaux arrivants devront passer un test officiel de compétence en français, que ce soit pour travailler, étudier ou immigrer.

Même si ce test oral express de français n’est pas officiel, il donne une indication du niveau avec un petit compte rendu. Pour aller plus loin, nous proposons aussi un test de placement complet en ligne de 20 minutes à l’Alliance Française de Montréal, qui permet d’orienter la personne vers le bon niveau de cours.

Votre centre d’examen agréé délivre des certifications reconnues à l’international (TEF, TCF, DELF-DALF). Comment se positionne cette offre dans le parcours des personnes qui souhaitent immigrer, s’intégrer ou poursuivre leurs études au Québec ?

Christophe Brayet : Depuis notre réouverture, nous sommes accrédités pour faire passer les certifications TCF, TEF et les diplômes DELF-DALF. Le TCF et le TEF sont des certifications valables deux ans, tandis que le DELF-DALF est un diplôme français à vie. La difficulté et les usages diffèrent : le DELF-DALF est plus exigeant, mais pour l’immigration, la plupart des gens choisissent le TCF ou le TEF.

En deux ans, plus de 8 000 candidats de 30 pays différents ont passé un examen chez nous. C’est obligatoire pour la résidence permanente, la citoyenneté, les permis de travail et/ou renouvellement de permis temporaire et permis d’études. Le gouvernement québécois a fait de la maîtrise du français une condition formelle à l’intégration.

Nous proposons aussi des cours de préparation, en groupe ou individuels, ainsi qu’un logiciel d’entraînement en ligne, une simulation orale en ligne pour le TCF et un webinaire gratuit expliquant le déroulement du test. Cela permet de réduire le stress et d’améliorer les chances de réussite.

Le niveau demandé est élevé : par exemple, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) exige un niveau 7 (équivalent B2) pour le demandeur principal et un niveau 5 pour le conjoint admissible qui l’accompagne. Atteindre ce niveau n’est pas simple pour des personnes dont le français est la deuxième ou troisième langue. C’est pourquoi nous insistons sur la préparation et la qualité de l’expression, même pour des francophones natifs qui doivent adapter leur langage au contexte d’un examen officiel.

L’Alliance Française est aussi un lieu de culture et de rencontres. Pouvez-vous nous en dire plus sur la programmation culturelle et sur l’ouverture de votre espace culturel ?

Christophe Brayet :

Effectivement, nous avons inauguré l’espace culturel de l’Alliance Française de Montréal de 3 200 pieds carrés en janvier 2026. C’est une étape essentielle, car une Alliance sans espace culturel n’est pas complète, c’est un lieu d’échanges et de rencontres qui fait vivre la communauté.

La programmation inclut des Ciné-Rencontres chaque mois en partenariat avec l’OBNL Ciné-Quartier dont la mission est de programmer du cinéma québécois dans des lieux inusités suivi de discussions, des mises à l’honneur de communautés francophones, des expositions ou encore du spectacle vivant léger.

Ces activités seront ouvertes à tous les francophiles, pas uniquement aux membres ou aux étudiants, même si ceux-ci bénéficient de privilèges comme des tarifs réduits. Nous travaillons en partenariat avec de nombreux acteurs culturels comme Cinémania, le Salon du livre, le Festival du Nouveau Cinéma, le Centre des musiciens du monde ou encore le Centre de la francophonie des Amériques.

Notre objectif est de valoriser la diversité des cultures francophones et d’encourager les rencontres entre les communautés. C’est aussi un moyen de créer des occasions concrètes pour pratiquer le français, dans un cadre accueillant et vivant.

Que souhaitez-vous que les visiteurs retiennent de votre présence au Salon et du rôle que l’Alliance Française de Montréal joue dans la communauté ?

Christophe Brayet : D’abord, que l’Alliance Française de Montréal existe à nouveau après une longue absence. Pour ceux qui connaissent le réseau, c’est un plaisir de retrouver cette institution, pour les autres, c’est l’occasion de découvrir notre mission et notre offre pédagogique.

Nous voulons que les visiteurs comprennent que nous ne sommes pas seulement une école de langue, mais un lieu de vie et d’intégration au service de toutes les communautés. Apprendre le français est essentiel pour vivre et travailler au Québec, mais la réussite passe aussi par la pratique, les échanges et la découverte des cultures francophones.

Notre rôle est donc d’accompagner les nouveaux arrivants non seulement dans leur parcours linguistique, mais aussi dans leur intégration sociale et culturelle : créer des liens, encourager la pratique du français et valoriser la diversité.

Kiosque : À venir
Zone : Espace Tests de français
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